Tārā Jayantī

En l’honneur de la Sauveuse

Tārā Jayantī a lieu durant le mois lunaire de Chaitra (mars-avril)

Tārā est la seconde des dix Mahāvidyā. Tārā Jayantī (l’anniversaire) a lieu le même jour que Rāma Navamī.

Qui est Tārā ?

Tārā = étoile

Celle qui fait traverser; la sauveuse

Tārā est la seconde des dix Mahāvidyā, les dix formes de la Grande Déesse.

Elle est invoquée en cas d’urgence, quand la guidance est nécessaire, quand l’obscurité demande une étoile.

Elle est cette étoile.

Kālī et Tārā sont similaires en apparence

Elles sont toutes deux décrites comme debout sur Śiva, couché sous une forme inerte ou semblable à un cadavre.

Cependant, alors que Kālī est décrite comme noire, Tārā est décrite comme bleue. Leurs apparences sont si étonnamment similaires qu’il est facile de confondre l’une avec l’autre.

La naissance de Mercure

Tārā était l’épouse de Bṛhaspati, Jupiter. Absorbé par ses rituels, Bṛhaspati s’occupait peu de Tārā.

Un jour, Candra (la Lune) vit la Déesse et en tomba amoureux. Elle aussi. Bṛhaspati exigea le retour de Tārā parti avec Candra. Mais ce dernier refusa.

La guerre entre le deux dieux éclata, jusqu’à ce que Brahmā intervienne et force Candra à rendre Tārā. Mais Tārā était enceinte de Candra. Elle donna alors naissance à Budha : Mercure. Fils de la Lune et de Tārā.

Intelligence née du désir et du conflit.

L’intelligence 

Budha (l’intelligence) naît de Candra : le désir, les émotions, l’instinct et de Tārā : la sauveuse. Mais son beau-père est Bṛhaspati représente : la sagesse, la loi… Parfois dogmatique.

Budha grandit entre les deux : la foi ordonnée de Jupiter et les émotions impulsives de la Lune.

Ce conflit est celui des émotions contre la croyance. L’instabilité contre la certitude.

Tārā est la sauveuse parce qu’elle donne naissance à ce compromis vivant : une intelligence née de la tension entre la sagesse et le sentiment. Sans Tārā, cette naissance n’aurait pas lieu. Sans ce conflit, l’intelligence n’existerait pas.

Tārā est particulièrement vénérée dans les traditions bouddhistes tantrique et tibétaine.

Elle y incarne la compassion active, celle qui descend, qui agit, qui sauve.

Dans les deux traditions (hindoue et bouddhiste) elle est celle que l’on appelle quand on ne sait plus dans quelle direction aller.

Le sens de Tārā Jayantī

Tārā est l’étoile qui guide quand tout est obscur. Pas depuis un temple lointain. Depuis l’intérieur.

L’étoile est le symbole de ce qui guide sans jamais s’éteindre. Fixe dans le ciel mouvant, elle est le point de référence du voyageur, du navigateur, de celui qui a perdu sa direction. L’étoile est aussi le symbole de ce qui dure, au-delà d’une vie, au-delà des cycles. Elle est mémoire du cosmos et boussole de l’âme.

Qui suis-je au-delà de ce corps, de ce nom, de cette histoire ? Qu’est-ce qui demeure quand tout ce que je crois être disparaît ?

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