Le yoga ne te rend pas meilleur

Es-tu vraiment libre ? Parlons des injonctions spirituelles

Qu’est-ce que c’est ?

Il existe dans certains cercles spirituels une conviction silencieuse (parfois bruyante) que la pratique rend meilleur. Meilleur que ceux qui mangent de la viande. Meilleur que ceux qui ne méditent pas. Meilleur que ceux qui n’ont jamais lu la Bhagavad Gītā.

C’est ce qu’on appelle la vertu ostentatoire ou signalement vertueux : se décrire publiquement, au moins implicitement, comme une personne moralement supérieure grâce à ses pratiques, ses croyances ou ses choix de vie.

L’éveil n’a pas de passeport 

Mais la réalisation spirituelle peut arriver chez n’importe qui, quelle que soit sa région du monde, sa culture, sa religion, ses habitudes alimentaires.

Les qualités humaines profondes : la compassion, l’humilité, le discernement, la générosité… ne sont pas liées à notre capacité à toucher nos orteilles, à notre régime alimentaire ou au nombre de textes sacrés lus.

La question de la responsabilité 🧐

Oui, lorsqu’on pratique le Jyotiṣa, le yoga, l’Āyurveda depuis une culture occidentale (française, suisse, belge ou autre), une forme de responsabilité s’impose.

Celle de prendre la tradition dans son ensemble. Sans la déformer pour la rendre confortable.

Et prendre la tradition dans son ensemble, c’est accepter sa complexité et sa diversité. Et l’Inde, en particulier, est d’une richesse culturelle, philosophique et spirituelle qui déborde largement le cadre vaishnavisme, végétarien ou autre souvent présenté en Occident.

La connaissance est pure

Tant que l’on s’identifie à la conscience suprême, rien n’est impur.

Ce n’est pas un appel au chaos pour autant.

C’est une invitation à la liberté intérieure, celle qui s’affranchit des limitations mentales, des préconceptions sociales et culturelles, des règles extérieures substituées à la compréhension profonde.

L’ignorance spirituelle est la seule impureté réelle

Abhinavagupta lui-même, qui a également commenté le Nāṭyaśāstra (cf. l’article “Les rasa et le Jyotiṣa” dans la revue Yoga Vāhana) écrit :

La vérité est donc celle-ci : le Seigneur Suprême manifeste librement tout le jeu varié des émissions et des absorptions dans le ciel de sa propre nature.

Rien n’échappe à la conscience. Rien n’en est exclu. Ni toi. Ni tes imperfections.

À quel point sommes-nous libres ?

Le yoga occidentalisé est parfois devenu un espace saturé de règles, d’injonctions et de hiérarchies invisibles. Qui mange quoi. Qui pratique combien. Qui a lu combien de livres. Qui parle le sanskrit et avec quel accent.

Ne nous sommes-nous pas éloignés, dans ce processus, de ce que le yoga cherche à libérer en nous ?

La vertu ne se signale pas. Elle s’incarne silencieusement, imparfaitement, dans l’ordinaire de chaque jour. Et l’ordinaire de chaque jour comprend la complexité, la contradiction, l’humanité entière.

Pour en apprendre plus