L’épigénétique décrit les processus cellulaires permettant de déterminer si un gène donné sera transcrit et traduit en sa protéine correspondante.
 
L’épigénétique c’est l’étude des changements d’activité des gènes — donc des changements de caractères — qui sont transmis au fil des divisions cellulaires ou des générations, sans faire appel à des mutations de l’ADN
 
En matière d’évolution, l’épigénétique permet d’expliquer comment des traits peuvent être acquis, éventuellement transmis d’une génération à l’autre ou encore perdus après avoir été hérités. Des modifications épigénétiques peuvent survenir en réponse à des stimuli environnementaux, dont l’un des plus importants est le régime alimentaire. Les mécanismes par lesquels le régime affecte l’épigénétique ne sont pas entièrement compris, mais quelques exemples clairs sont bien connus.
 

En Résumé

En fonction de ce que tes parents et grands-parents mangeaient, tu as plus ou moins de facilités pour digérer certains aliments ou d’avoir certaines maladies
 
Des études récentes ont révélé que des personnes – exposées à des restrictions caloriques dans l’utérus de leur mère – présentaient un taux de maladies chroniques telles que le diabète, les maladies cardiovasculaires et l’obésité plus élevé que leurs frères et sœurs.
 

Les premiers mois de la grossesse semblent donc avoir un effet sur le risque de maladie.

 
Les effets de l’alimentation sur l’épigénétique sont également clairement visibles chez les abeilles. Ce qui différencie les abeilles ouvrières stériles de la reine fertile, ce n’est pas la génétique, mais le régime qu’elles suivent en tant que larves. Les larves désignées pour devenir reines sont nourries exclusivement avec de la gelée royale, une substance sécrétée par les abeilles ouvrières, qui active le programme de gènes permettant à l’abeille de devenir fertile.

 

Mais qu’en est-il de l’effet alimentaire sur l’épigénétique à l’âge adulte ?

 
De nombreux composants alimentaires peuvent potentiellement provoquer des changements épigénétiques chez l’homme.
 
Par exemple, le brocoli et d’autres légumes crucifères contiennent des isothiocyanates, qui sont en mesure d’accroître l’acétylation des histones. Le soja, en revanche, est une source de la génistéine d’isoflavones, qui pourrait diminuer la méthylation de l’ADN de certains gènes. Présent dans le thé vert, l’épigallocatéchine-3-gallate, composé polyphénolique, exerce de nombreuses activités biologiques, notamment l’inhibition de la méthylation de l’ADN. La curcumine, un composé présent dans le curcuma (Curcuma longa), peut avoir de multiples effets sur l’activation des gènes, car elle inhibe la méthylation de l’ADN mais module également l’acétylation des histones.

 

Des études épidémiologiques suggèrent que les populations qui consomment de grandes quantités de certains de ces aliments semblent moins sujettes à certaines maladies.

 
En raison de leurs effets profonds, les changements épigénétiques sont impliqués dans le développement de nombreuses maladies, y compris certains cancers et maladies neurologiques. Lorsque les cellules deviennent malignes ou cancéreuses, des modifications épigénétiques peuvent désactiver les gènes suppresseurs de tumeurs, qui empêchent une prolifération cellulaire excessive. Du fait que ces modifications épigénétiques soient réversibles, la recherche de molécules – en particulier de sources alimentaires – pourrait annuler ces modifications néfastes et empêcher le développement de la tumeur.
 
Nous savons tous qu’un régime alimentaire riche en fruits et légumes est sain pour la vie de tous les jours, mais il est de plus en plus évident qu’il pourrait être beaucoup plus important que cela, ce qui aurait des conséquences importantes sur notre santé, notre espérance de vie à long terme et nos enfants.
 
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